Les journaux, magazine en pdf

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Re: Les journaux, magazine en pdf

Messagepar JoanFerrer le Sam 6 Octobre 2018 11:50

Le Barça a-t-il perdu son identité de jeu ?

Champion en titre et leader de la Liga, le Barça d'Ernesto Valverde ne fait pourtant pas l'unanimité en Catalogne. En cause notamment : un jeu qui ne collerait pas assez aux traditions du club.
Dan Perez

«Ce Barça n'est plus le Barça. Il a perdu toute son identité.» Il y a une semaine, le directeur adjoint du quotidien catalan Sport a émis la critique la plus dure qu'on puisse faire à l'égard de ce club, très porté sur son identité de jeu, étendard d'un régionalisme assumé. «C'est devenu un club pauvre, primitif, poursuit Lluis Mascaro. Il survit grâce à Messi.» Le journaliste se fait le porte-parole d'une partie conséquente des Culés, qui ne trouvent même pas de réconfort hors du terrain. En effet, le club a prévu de changer de logo et le maillot de la saison prochaine devrait arborer des carreaux, au lieu des rayures verticales historiques.

Sportivement, rien de catastrophique. Le Barça est champion en titre et leader actuel de la Liga. Mais dans ces clubs repus de trophées, la nourriture quotidienne de résultats ne suffit pas, il faut que l'assiette ait de la gueule. Et si possible la bonne.

«Valverde (comme avant Luis Enrique) est en partie responsable de ce bordel footballistique, explique Mascaro. Il n'a pas été courageux dans ses décisions. Il s'est contenté de mettre des noms dans ses compositions, sans prioriser le jeu. Seulement le résultat.»

Mais de quel jeu parle-t-on ? A priori, celui qui fait dire à Bruno Genesio, le coach de l'OL, que son adversaire en C1 le Chakhtior Donetsk «joue un peu à la barcelonaise» même si la comparaison est hâtive. Un jeu fait de passes courtes, d'actions préparées et de déplacements conjoints du ballon et de l'équipe au fil de la remontée du terrain. Une identité revivifiée et sacralisée il y a dix ans par Pep Guardiola et Tito Vilanova, héritiers de Cruyff. Avec un maître-mot : le jeu de position ; outil d'une maîtrise de l'espace et d'un contrôle du ballon et du rythme du match.

«Depuis le départ d'Iniesta (cet été), on voit que l'équipe a de plus en plus de mal à pratiquer le jeu de position», constate Albert Moren, responsable du site espagnol EUMD consacré à l'étude du jeu du Barça. La défaite à Leganés (2-1, le 26 septembre) a mis en lumière les écarts avec ce modèle, aperçus au moins depuis le début de saison.

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Rakitic décroche souvent pour ne pas être sous pression. Et donc sa présence manque plus haut, entre les lignes. Aucun décalage n'est créé.

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Rakitic va servir Messi, collé à la ligne de touche. À proximité du ballon, le Barça est en large infériorité numérique et le déséquilibre est quasi impossible, à moins d'exploits successifs de Messi. L'Argentin va tenter de lancer l'avant-centre en profondeur. Mais on est loin du jeu de position

«Depuis le début de saison, Rakitic fatigue un peu. Il décroche de plus en plus pour sortir de la pression, donc ça manque parfois de solutions plus haut», note Omar Da Fonseca commentateur de la Liga sur beIN Sports.

«On a vu des matches avec davantage de transitions, ajoute Albert Moren, avec moins de contrôle et une circulation moins fluide qui se focalise davantage sur les forces de Messi, Suarez, Dembélé et Coutinho près de la surface. Avec ce quatuor, dont Coutinho au milieu, le Barça a des soucis sur les pertes de balle, car elles se produisent souvent dans l'axe et facilitent les contre-attaques adverses.»

Là, le manque de structure positionnelle avec ballon (revoir les images ci-dessus) favorise l'exposition de l'équipe à la perte de balle et la difficulté à vite la récupérer.

Une politique de transferts en question

Valverde peut-il faire autrement ? Malgré toutes ses qualités techniques, Coutinho n'est pas le joueur de contrôle qu'était Iniesta. Arturo Vidal encore moins. Faut-il à tout prix essayer de remplacer Xavi et Iniesta ou réorienter la politique de transfert ? «Il n'y a pas d'autre Xavi. Pas un autre Iniesta. Mais sur le marché, il y a eu beaucoup de joueurs que le Barça a écartés et qui auraient pu le renforcer bien mieux que les joueurs actuels», regrette Lluis Mascaro.

Certains recrutements comme ceux de Paulinho l'an passé, de Dembélé ou Vidal, semblent trancher avec l'image footballistique du club, même si aucun de ses joueurs n'usurpe sa place dans l'effectif d'un club de très haut niveau. «Ils (les dirigeants) ne sont pas sortis complètement du modèle, tempère Da Fonseca. Ils ont juste voulu ajouter quelques couleurs à leur palette. Après certaines crises de résultats, ils ont pu croire qu'ils se rassureraient avec du muscle, du physique ou de la personnalité comme on dit.»

Autre élément notable de l'évolution du club : l'intégration des jeunes de la Masia à l'équipe première a considérablement chuté. On ne présagera pas ici du niveau de ces joueurs formés au club sans les avoir vu jouer, mais au milieu de terrain, ni Carles Aleña (20 ans), ni Sergi Samper (23) n'ont disputé la moindre minute cette saison. Et les produits du centre de formation sont de moins en moins nombreux dans le onze de départ.

L'espoir Arthur

Mais le tableau est loin d'être noir. Récemment, les supporters nostalgiques ont peut-être trouvé, chez un joueur venu d'Amérique du Sud, de quoi retrouver le sourire. Et on ne parle pas de Messi, mais d'Arthur. Le Brésilien arrivé cet été du Gremio était titulaire à Wembley, mercredi, lors du succès en Ligue de champions face à Tottenham (4-2). Et il a rayonné dans un registre bien particulier, démontrant pourquoi son registre était comparé à Xavi. Maîtrise technique, lecture des espaces, capacité à résister sous pression, volonté d'être actif en phase de possession... Adoubé le mois dernier par Messi («Il ne perd pas le ballon, quand je la lui donne, je sais qu'on va la garder»), le jeune milieu assure un contrôle plus conséquent au milieu.

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«La titularisation d'Arthur à la place de Dembélé dans le 4-3-3, qui a fait passer Coutinho dans la ligne d'attaque, a permis un bien meilleur contrôle du ballon», explique Albert Moren alors que le Barça a passé les 75 premières minutes du match avec 64% de possession chez le 3e club de Premier League en termes de possession (56% en moyenne), une équipe qui n'aime généralement pas se débarrasser du ballon.

«Arthur, c'est l'idée. S'il se développe comme attendu, le Barça aura enfin son troisième milieu (avec Busquets et Rakitic, ndlr). Et même si je ne suis pas d'accord pour dire qu'actuellement l'équipe a perdu son identité, avec lui ce devrait être encore mieux», s'exclame Da Fonseca.

Le Barça n'est pas non plus devenu l'Atlético

Le développement du Brésilien offrira une option supplémentaire autant qu'un casse-tête à Ernesto Valverde. L'an dernier, le technicien espagnol avait installé un 4-4-2 centré autour de Messi et d'une assise défensive solide. Alors qu'il teste un système plus proche du 4-3-3 depuis le début de saison, a-t-il trouvé la bonne formule, mercredi à Wembley ? Ce n'est pas qu'une histoire de système, mais surtout d'options de jeu, et de capacité de contrôle et de quadrillage du terrain. Depuis son arrivée, Valverde a montré qu'il n'était pas figé sur des principes de jeu précis et gardait toutes les options ouvertes.

Il serait réducteur de dépeindre l'entraîneur actuel comme un coach «anti-Barça». Le Barça est toujours l'équipe qui tient le plus le ballon de son Championnat, celle qui réussit le plus de passes dans les 18 mètres adverses et de très loin (94 contre 68 au Real depuis le début de la Liga), celle qui en concède le moins, et celle qui se crée les meilleures positions de tirs (1re aux expected goals). Ter Stegen, Piqué, Umtiti, Busquets et d'autres sont encore les garants de certains fondamentaux, visibles par séquences plus ou moins fréquentes en match.

Valverde pense comme un très bon coach. Il cherche la meilleure formule pour son équipe. Mais au Barça il y a autre chose, un héritage, une histoire, une identité encore au firmament il y a moins de dix ans. Les supporters ont un autre regard. Et certaines déclarations le desservent comme lorsqu'il clame : «Le jeu de position sert à s'entraîner, pas à jouer», après la victoire face au PSV (4-0) en C1. Bien que sortie d'un contexte évoquant le rôle d'Ousmane Dembélé, cette déclaration a pu résonner comme un affront fait à l'histoire footballistique du club. Exemple extrême : le jeu que prône Diego Simeone à l'Atlético, si riche soit-il, ne tiendrait pas deux mois au Barça. Mais Simeone et son jeu actuel épousent parfaitement la culture et l'histoire des Colchoneros. Avec toutes les qualités de Valverde, pas sûr qu'on puisse en dire autant de lui au Barça.
Si c'est un problème qui se règle avec de l'argent, alors c'est qu'il n'y a pas de problème.
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Messagepar Valderrama le Sam 6 Octobre 2018 11:55

Merci @JoanFerrer ! :cheers:
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Re: Les journaux, magazine en pdf

Messagepar robbie le Sam 6 Octobre 2018 18:22

Bravo et merci ! Très bon article !

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